Économie · BTS 1re année · Chapitre 1

Le marché et la formation des prix

🔎 Aujourd'hui, tu vas apprendre à : Comprendre comment l'offre et la demande fixent un prix, et pourquoi les marchés sont parfois défaillants.

Programme officiel : Thème — L'intégration de l'entreprise dans son environnement : le marché (référentiel CEJM, 1re année)

🔁 Prérequis : aucun. C'est le point de départ de l'économie en CEJM.

Étape 1

Découvrir la notion

En août, le prix d'un billet d'avion Paris–Marseille passe de 60 € à 190 €. En novembre, il retombe à 45 €. L'avion, lui, est le même.

Pourquoi le même service change-t-il autant de prix selon la période ?

Étape 2

Comprendre simplement

Un marché est un lieu — physique ou non — où se rencontrent une offre (les vendeurs) et une demande (les acheteurs). Le prix est le résultat de cette rencontre : quand beaucoup de gens veulent acheter un bien rare, le prix monte ; quand personne n'en veut, le prix baisse.

🧩 Analogie : Imagine une brocante : un objet unique que dix personnes convoitent part cher. Le même objet, disponible en cent exemplaires, part pour trois fois rien.

SituationEffet sur le prixExemple
Demande ↑, offre stableLe prix augmenteBillets d'avion en été
Offre ↑, demande stableLe prix baisseRécolte abondante de fruits
Offre ↓ (pénurie)Le prix augmente fortementComposants électroniques en pénurie

Étape 3

Le cours

1. L'offre et la demande : les deux forces du marché

La demande représente les quantités qu'un ensemble de consommateurs souhaite acheter à un prix donné, pendant une période donnée. La loi de la demande énonce une relation décroissante entre le prix et la quantité demandée : quand le prix augmente, toutes choses égales par ailleurs, la quantité demandée diminue, car certains acheteurs renoncent ou se reportent vers un produit substituable.

L'offre représente les quantités que les producteurs sont disposés à vendre à un prix donné. La loi de l'offre énonce une relation croissante : plus le prix est élevé, plus il est rentable de produire, donc plus la quantité offerte augmente, jusqu'à la limite des capacités de production.

Ces deux comportements sont représentés par des courbes sur un même graphique prix/quantité. Tout facteur autre que le prix (revenu, goûts, prix des biens liés, coût des facteurs de production, technologie) déplace la courbe elle-même, alors qu'une variation du prix ne fait que déplacer un point le long de la courbe : cette distinction entre déplacement et translation est une source fréquente d'erreurs.

📌 À citer en copie : Loi de la demande : « toutes choses égales par ailleurs, la quantité demandée d'un bien varie en sens inverse de son prix. »

⚠️ Piège fréquent : Confondre une baisse du prix (mouvement le long de la courbe de demande) avec une baisse de la demande elle-même (translation de la courbe vers la gauche, provoquée par un autre facteur que le prix).

2. Le prix d'équilibre et l'ajustement du marché

Le prix d'équilibre est le prix pour lequel la quantité offerte est strictement égale à la quantité demandée ; il n'y a alors ni pénurie ni surproduction. Graphiquement, c'est le point d'intersection des courbes d'offre et de demande.

Si le prix constaté est supérieur au prix d'équilibre, l'offre excède la demande : les invendus s'accumulent et poussent les vendeurs à baisser leurs prix. Si le prix est inférieur au prix d'équilibre, la demande excède l'offre : la pénurie pousse les prix à la hausse. Ce mécanisme d'ajustement, théorisé notamment par Léon Walras sous le nom de « tâtonnement », explique le retour spontané vers l'équilibre dans un marché concurrentiel.

En pratique, l'ajustement n'est jamais instantané : il existe des délais (production agricole, industrielle), des rigidités de prix (contrats, prix administrés) et des anticipations des agents qui peuvent retarder ou accélérer le retour à l'équilibre.

📌 À citer en copie : Prix d'équilibre : prix pour lequel Qo(p) = Qd(p), c'est-à-dire quantité offerte égale quantité demandée.

3. L'élasticité-prix : mesurer la sensibilité de la demande

L'élasticité-prix de la demande mesure la variation relative de la quantité demandée provoquée par une variation relative du prix. Elle se calcule ainsi : e = (variation relative de la quantité) / (variation relative du prix). Une élasticité négative confirme la loi de la demande.

Quand la valeur absolue de l'élasticité est supérieure à 1, la demande est dite élastique : les consommateurs réagissent fortement à une hausse de prix (produits de loisirs, biens substituables). Quand elle est inférieure à 1, la demande est inélastique : les quantités bougent peu, même si le prix varie beaucoup (biens de première nécessité, produits addictifs comme le tabac).

Cette notion est essentielle pour comprendre la fixation des prix par les entreprises et l'effet des taxes : plus la demande est inélastique, plus une taxe peut être répercutée sur le consommateur sans faire chuter les ventes.

📌 À citer en copie : Élasticité-prix de la demande e = (ΔQ/Q) / (ΔP/P) ; |e| > 1 : demande élastique, |e| < 1 : demande inélastique.

⚠️ Piège fréquent : Oublier le signe : l'élasticité-prix de la demande est presque toujours négative, mais on compare et commente sa valeur absolue.

4. Les structures de marché

Tous les marchés ne fonctionnent pas comme le modèle théorique de concurrence pure et parfaite (CPP), qui repose sur cinq conditions : atomicité (une multitude de petits offreurs et demandeurs, aucun n'ayant de pouvoir de marché), homogénéité des produits, libre entrée et sortie, transparence de l'information, libre circulation des facteurs de production.

Entre ce modèle théorique et le monopole (un seul offreur, comme historiquement certains réseaux ferroviaires ou énergétiques), on trouve des structures intermédiaires observées dans la réalité.

  • Oligopole : quelques offreurs dominent le marché et sont interdépendants (télécoms, énergie, aéronautique) ; chacun tient compte des réactions attendues des concurrents
  • Concurrence monopolistique : de nombreux offreurs proposent des produits différenciés par la marque, la qualité ou le service (restauration, cosmétique)
  • Monopsone : un seul acheteur fait face à plusieurs vendeurs (l'État employeur unique dans certains secteurs)

5. Les défaillances du marché

Le marché, livré à lui-même, ne conduit pas toujours à une situation optimale pour la collectivité : on parle de défaillances de marché. Les externalités constituent la première d'entre elles : une externalité négative, comme la pollution industrielle, impose un coût à des tiers qui n'est pas intégré dans le prix de marché ; une externalité positive, comme la vaccination ou la formation, profite à des tiers sans compensation.

Les biens collectifs (non rivaux et non exclusifs, comme l'éclairage public ou la défense nationale) sont sous-produits par le marché car aucun agent privé n'a intérêt à les financer seul : c'est le problème du « passager clandestin ». Les asymétries d'information, étudiées par George Akerlof dans son article sur le marché des « lemons » (voitures d'occasion de mauvaise qualité), peuvent conduire à une sélection adverse qui fait disparaître les bons produits du marché.

Enfin, les pouvoirs de marché (monopole, entente, abus de position dominante) permettent à certains offreurs d'imposer des prix supérieurs au niveau concurrentiel, au détriment du surplus des consommateurs.

📌 À citer en copie : Externalité : effet non intentionnel d'une activité économique sur un tiers, non compensé par un prix de marché (Pigou).

6. L'intervention publique pour corriger le marché

Face à ces défaillances, les pouvoirs publics disposent de plusieurs instruments : la réglementation (normes environnementales, seuils d'émission), la taxation des externalités négatives (taxe carbone, principe pollueur-payeur), la subvention des externalités positives (aides à la recherche, à la formation), et la production directe de biens collectifs.

En matière de concurrence, l'Autorité de la concurrence en France et la Commission européenne sanctionnent les ententes (accords secrets entre concurrents sur les prix) et les abus de position dominante, afin de protéger le fonctionnement concurrentiel des marchés et le pouvoir d'achat des consommateurs.

⚠️ Piège fréquent : Affirmer que l'État doit systématiquement intervenir dès qu'un marché est imparfait : il faut toujours mettre en balance le coût de l'intervention publique (risque de défaillance de l'État) et le bénéfice attendu de la correction.

Étape 4

Exemple concret — Netflix

Sur le marché du streaming, une poignée d'acteurs se partagent la demande : c'est un oligopole. Chaque plateforme différencie son offre par ses contenus exclusifs plutôt que par le prix, car une guerre des prix détruirait les marges de tous.

👉 Ce qu'il faut en retenir : En oligopole, les entreprises se surveillent : la stratégie de l'une dépend des réactions attendues des autres.

Étape 5

Le schéma

1BESOINS des consommateurs ➜ DEMANDE2CAPACITÉS des producteurs ➜ OFFRE3RENCONTRE sur le MARCHÉ4PRIX D'ÉQUILIBRE (offre = demande)5DÉFAILLANCES : externalités, biens collectifs,asymétries d'information6INTERVENTION PUBLIQUE : régulation, taxation,sanction

Étape 5 bis

🎬 Le chapitre en vidéo

Étape 6

🧠 L'essentiel

  • Le marché est la rencontre d'une offre et d'une demande.
  • Le prix d'équilibre égalise quantités offertes et demandées.
  • La demande baisse quand le prix monte ; l'offre augmente.
  • Les structures de marché vont du monopole à la concurrence.
  • Le marché connaît des défaillances : externalités, biens collectifs, asymétries.
  • L'État régule pour corriger ces défaillances.

Étape 7

📚 Les mots à connaître

Prix d'équilibre
Le prix qui égalise l'offre et la demande.
Exemple : Le prix auquel tous les billets se vendent sans invendu.
Externalité
Effet d'une activité sur un tiers, sans compensation par le marché.
Exemple : La pollution d'une usine subie par les riverains.
Asymétrie d'information
Une partie en sait plus que l'autre.
Exemple : Le vendeur d'une voiture d'occasion connaît ses défauts.
Oligopole
Marché dominé par un petit nombre d'offreurs.
Exemple : Les opérateurs de téléphonie mobile.

Étape 8

Quiz interactif

1. Que se passe-t-il si la demande augmente et que l'offre reste stable ?

2. La pollution émise par une usine est une externalité négative.

3. Un marché où quelques entreprises dominent s'appelle…

4. Le prix pour lequel offre et demande sont égales s'appelle le prix … .

Étapes 9 et 10

Exercices et corrections

Niveau 1 🟢 Facile

Lire une variation de prix

Le prix des fraises passe de 6 € à 3 € le kilo en juin. Expliquez ce mouvement à l'aide de l'offre et de la demande.

Méthode

  • Repérer ce qui bouge : offre ou demande
  • Relier au prix

Niveau 2 🟠 Intermédiaire

Identifier une défaillance

Une plateforme d'annonces en ligne héberge des vendeurs dont on ne connaît ni la fiabilité ni la qualité réelle des produits. Quelle défaillance de marché est en jeu et comment la corriger ?

Méthode

  • Nommer la défaillance
  • Expliquer son effet
  • Proposer une correction

Niveau 3 🔴 Examen

Sujet type BTS

Annexe : trois opérateurs se partagent 92 % du marché de l'énergie. L'autorité de la concurrence enquête sur une hausse simultanée des tarifs. Analysez la structure du marché et justifiez l'intervention publique.

Méthode

  • Caractériser la structure
  • Expliquer le comportement des acteurs
  • Justifier la régulation

Étape 11

📄 Fiche de synthèse

Mots-clés

MarchéOffreDemandePrix d'équilibreOligopoleExternalitéRégulation

Méthodes

  • Toujours dire ce qui bouge en premier : l'offre ou la demande.
  • Utiliser les données chiffrées de l'annexe dans l'analyse.
  • Conclure par une phrase de synthèse répondant à la question posée.

Erreurs à éviter

  • Confondre baisse de la demande et baisse des quantités échangées.
  • Oublier de citer les défaillances du marché quand le sujet parle de régulation.
  • Traiter tous les marchés comme concurrentiels.