Économie · BTS 2re année · Chapitre 5
Les coûts et les choix de production
🔎 Aujourd'hui, tu vas apprendre à : Comprendre comment une entreprise combine ses facteurs de production, analyse ses coûts et choisit entre produire elle-même ou faire appel à un tiers.
Programme officiel : Thème 3 — L'organisation de l'activité de l'entreprise (référentiel CEJM, arrêté du 15 février 2018)
🔁 Prérequis : notions de base sur l'entreprise et le marché (chapitres précédents).
Étape 1
Découvrir la notion
Un fabricant de meubles hésite : produire lui-même ses pièces métalliques dans un nouvel atelier, ou les faire fabriquer par un sous-traitant spécialisé. Les deux options changent radicalement sa structure de coûts.
❓ Comment une entreprise décide-t-elle de produire elle-même ou de faire produire par un tiers ?
Étape 2
Comprendre simplement
Produire, c'est combiner des facteurs de production (capital, travail, matières premières, connaissances) pour obtenir un bien ou un service. Chaque combinaison a un coût, qui varie selon le volume produit. L'entreprise cherche la combinaison la plus efficace, et peut choisir d'externaliser certaines étapes plutôt que de tout produire elle-même.
🧩 Analogie : C'est comme cuisiner pour un grand repas : on peut tout préparer soi-même (plus long, mais maîtrisé) ou commander certains plats chez un traiteur (plus rapide, mais on dépend de sa qualité et de ses délais).
| Notion | Définition courte | Exemple |
|---|---|---|
| Coût fixe | Ne varie pas avec la quantité produite | Loyer de l'usine |
| Coût variable | Varie avec la quantité produite | Matières premières consommées |
| Coût marginal | Coût de la dernière unité produite | Coût d'une pièce supplémentaire |
Étape 3
Le cours
1. Les facteurs de production et leur combinaison
Produire suppose de combiner un facteur travail (quantité d'heures et niveau de qualification) et un facteur capital (machines, locaux, logiciels, brevets). Le choix de la combinaison dépend des coûts relatifs, de la technologie disponible et du volume à produire : c'est ce que l'on appelle l'intensité capitalistique.
La productivité mesure l'efficacité de cette combinaison : productivité du travail = production / quantité de travail. Une hausse de productivité permet de baisser le coût unitaire, d'augmenter les salaires, de baisser les prix ou d'améliorer la marge — l'arbitrage entre ces usages est un enjeu de partage de la valeur ajoutée.
- Substitution capital / travail : remplacer du travail par des machines quand le coût du travail relatif augmente
- Complémentarité : l'automatisation exige aussi des compétences nouvelles (maintenance, données)
- Capital immatériel : logiciels, marques, brevets, formation — désormais majoritaire dans beaucoup de secteurs
📌 À citer en copie : La productivité du travail (production / heures travaillées) et la notion d'intensité capitalistique.
⚠️ Piège fréquent : Confondre production et productivité : une production qui augmente avec deux fois plus de salariés peut correspondre à une productivité en baisse.
2. Coûts fixes, coûts variables et coût marginal
Les coûts fixes ne varient pas avec le volume produit à court terme (loyer, assurances, amortissements, encadrement) ; les coûts variables varient avec le volume (matières, énergie, commissions, heures supplémentaires). Coût total = coûts fixes + coûts variables.
Le coût moyen (coût total / quantité) baisse d'abord grâce à l'étalement des coûts fixes. Le coût marginal est le coût de la dernière unité produite : c'est lui qui doit être comparé au prix de vente pour décider d'accepter une commande supplémentaire.
- Coût unitaire = coût total / quantité produite : indicateur central de compétitivité-prix
- Marge sur coût variable = chiffre d'affaires − coûts variables ; elle doit couvrir les coûts fixes
- Seuil de rentabilité = coûts fixes / taux de marge sur coût variable
📌 À citer en copie : Le seuil de rentabilité (coûts fixes / taux de marge sur coût variable) et la notion de coût marginal.
⚠️ Piège fréquent : Classer les salaires systématiquement en coûts fixes : les heures supplémentaires et l'intérim liés au volume sont variables.
3. Économies d'échelle, effet d'expérience, rendements
Les économies d'échelle apparaissent quand le coût unitaire diminue avec le volume : étalement des coûts fixes, pouvoir de négociation sur les achats, spécialisation des équipes. Au-delà d'un certain seuil, des déséconomies d'échelle surgissent (lourdeur administrative, coordination, saturation).
L'effet d'expérience est différent : le coût unitaire baisse avec la production cumulée, par apprentissage. Il crée un avantage au premier entrant et donc une barrière à l'entrée pour les nouveaux concurrents.
- Économies d'échelle : liées au volume produit par période
- Effet d'expérience : lié au volume cumulé depuis le début de l'activité
- Économies d'envergure : partager des ressources entre plusieurs produits (usine, marque, réseau)
📌 À citer en copie : L'effet d'expérience (courbe d'apprentissage, Boston Consulting Group) et les barrières à l'entrée.
⚠️ Piège fréquent : Croire que produire plus fait toujours baisser le coût unitaire : au-delà de la capacité optimale, apparaissent des déséconomies d'échelle.
4. Faire ou faire faire : l'arbitrage d'externalisation
L'entreprise décide pour chaque activité de la produire elle-même (intégration) ou de l'acheter à l'extérieur (impartition : sous-traitance, franchise, externalisation). Le critère principal est la comparaison du coût de production interne avec le prix du marché, majoré des coûts de transaction (recherche du prestataire, négociation, contrôle, litiges).
Le second critère est stratégique : on n'externalise pas une compétence distinctive, source d'avantage concurrentiel. On externalise plutôt les activités de soutien standardisées. Les risques de l'impartition sont la dépendance au prestataire, la perte de savoir-faire et le risque de réputation sur la chaîne de sous-traitance.
- Coûts de transaction : tout ce que coûte le recours au marché en dehors du prix payé
- Chaîne de valeur : activités principales (logistique, production, commercialisation, services) et de soutien (RH, SI, achats)
- Formes d'impartition : sous-traitance de capacité, de spécialité, franchise, concession, coentreprise
📌 À citer en copie : La théorie des coûts de transaction (R. Coase, 1937 ; O. Williamson) et la chaîne de valeur (M. Porter).
⚠️ Piège fréquent : Justifier une externalisation par le seul prix affiché du prestataire, sans intégrer les coûts de contrôle, la perte de savoir-faire et le risque de dépendance.
5. Du coût au prix : les politiques de prix
Le coût donne un plancher, le marché donne un plafond. Trois logiques de fixation coexistent : le prix par les coûts (coût unitaire + marge), le prix par la demande (ce que le client est prêt à payer, prix psychologique, yield management) et le prix par la concurrence (alignement, pénétration, écrémage).
L'élasticité-prix de la demande décide de la stratégie : si la demande est élastique, une baisse de prix augmente le chiffre d'affaires ; si elle est peu élastique (produit différencié, marque forte, faible substituabilité), l'entreprise peut monter ses prix sans perdre beaucoup de volume.
- Élasticité-prix = variation % de la quantité / variation % du prix (généralement négative)
- Écrémage : prix élevé, cible restreinte, image premium ; pénétration : prix bas, volume, part de marché
- Interdit : revente à perte et prix imposés au distributeur
📌 À citer en copie : L'élasticité-prix de la demande et l'interdiction de la revente à perte (Code de commerce).
⚠️ Piège fréquent : Fixer un prix uniquement à partir du coût : sans prise en compte de la demande et de la concurrence, la marge théorique n'est jamais réalisée.
6. Méthode : exploiter des données de coûts en copie
Les annexes fournissent presque toujours un tableau de coûts. L'attendu est de calculer, d'interpréter et de décider : coût unitaire, marge sur coût variable, seuil de rentabilité, puis recommandation chiffrée.
- Poser le calcul avec les unités et l'arrondi cohérent
- Interpréter : que signifie ce seuil en nombre de jours ou d'unités ?
- Conclure : accepter ou refuser la commande, internaliser ou externaliser, et pourquoi
📌 À citer en copie : Le raisonnement calcul → interprétation → décision, attendu dans l'épreuve d'analyse de situation.
⚠️ Piège fréquent : Donner un résultat brut sans phrase d'interprétation : le calcul seul ne rapporte qu'une partie des points.
Étape 4
Exemple concret — Décathlon
Le groupe conçoit une partie de ses produits en interne mais confie la fabrication à des usines partenaires à l'étranger tout en gardant la maîtrise du design, de la marque et du contrôle qualité. C'est un choix d'externalisation de la production physique, combiné à une internalisation de la conception, jugée stratégique.
👉 Ce qu'il faut en retenir : Le choix « faire ou faire faire » se raisonne activité par activité, selon ce qui est stratégique et ce qui ne l'est pas.
Étape 5
Le schéma
Étape 5 bis
🎬 Le chapitre en vidéo
Parcours vidéo en 4 étapes : chaque étape a un objectif précis. Les vidéos embarquées se lisent ici ; les autres ouvrent une recherche déjà filtrée sur le chapitre.
- ▶1 · Découvrir en 3 minutesUne vidéo courte pour poser le vocabulaire avant de lire le cours.CEJM les coûts et les choix de production explication simple
- ▶2 · Le cours completLa leçon entière avec les mécanismes attendus au BTS.CEJM BTS les coûts et les choix de production cours complet
- ▶3 · Un exemple réelVoir la notion appliquée à un cas concret, utile pour illustrer une copie.économies d'échelle exemple entreprise économie
- ▶4 · Méthode pour l'épreuveComment rédiger la réponse attendue le jour de l'épreuve E3.méthodologie CEJM calcul de coûts analyse de situation
Étape 6
🧠 L'essentiel
- Produire combine capital, travail, matières premières et connaissances.
- Les gains de productivité permettent de produire plus ou mieux avec autant de ressources.
- Le coût fixe ne varie pas avec la production, le coût variable si.
- Les économies d'échelle et l'effet d'expérience réduisent le coût unitaire.
- Le choix « faire ou faire faire » dépend du caractère stratégique de l'activité.
Étape 7
📚 Les mots à connaître
- Productivité
- Rapport entre la production obtenue et les ressources utilisées.
- Exemple : Produire plus de pièces avec le même nombre de salariés.
- Coût marginal
- Coût de production d'une unité supplémentaire.
- Exemple : Le coût de fabriquer une voiture de plus sur la chaîne.
- Économie d'échelle
- Baisse du coût moyen liée à l'augmentation du volume produit.
- Exemple : Un grand hôpital répartit ses coûts fixes sur plus de patients.
- Sous-traitance
- Confier une opération précise à un prestataire, selon un cahier des charges.
- Exemple : Un constructeur automobile fait fabriquer ses sièges par un équipementier.
- Externalisation
- Confier durablement une fonction entière de l'entreprise à un prestataire externe.
- Exemple : Confier toute la paie à un cabinet spécialisé.
- Chaîne de valeur
- Ensemble des activités créatrices de valeur, de la conception à la vente.
- Exemple : Conception, production, distribution, service après-vente.
Étape 8
Quiz interactif
1. Le loyer d'un atelier de production est un exemple de…
2. Les économies d'échelle correspondent à une hausse du coût moyen quand le volume augmente.
3. Confier durablement toute la fonction logistique à un prestataire externe relève…
4. Le coût de production d'une unité supplémentaire s'appelle le coût … .
5. Parmi ces éléments, lequel est un facteur de production ?
Étapes 9 et 10
Exercices et corrections
Niveau 1 🟢 Facile
Classer des coûts
Une entreprise supporte : loyer de l'usine, matières premières, salaire du gardien, électricité liée à la production. Classez chaque coût en fixe ou variable.
Méthode
- Se demander si le coût dépend du volume produit
- Classer
Niveau 2 🟠 Intermédiaire
Identifier un choix d'impartition
Une PME qui fabrique des vêtements confie sa fonction comptable à un cabinet externe pour se concentrer sur la création et la production. Analysez ce choix.
Méthode
- Nommer la pratique
- Identifier l'avantage recherché
- Identifier un risque
Niveau 3 🔴 Examen
Sujet type BTS
Annexe : un fabricant de composants électroniques envisage soit d'investir dans une nouvelle chaîne de production automatisée, soit de sous-traiter la fabrication à un prestataire asiatique moins coûteux. Analysez les enjeux économiques de ce choix « faire ou faire faire ».
Méthode
- Rappeler la logique des coûts
- Analyser les avantages/inconvénients de chaque option
- Conclure en tenant compte du caractère stratégique de l'activité
Étape 11
📄 Fiche de synthèse
Mots-clés
Méthodes
- Toujours distinguer coût fixe et coût variable avant de raisonner sur un volume.
- Relier le choix « faire ou faire faire » au caractère stratégique de l'activité.
- Illustrer chaque notion de coût par un exemple issu de l'annexe.
Erreurs à éviter
- Confondre coût moyen et coût marginal.
- Croire que sous-traitance et externalisation sont strictement identiques.
- Oublier de citer les connaissances comme facteur de production à part entière.