Économie · BTS 1re année · Chapitre 4
Le marché du travail et l'emploi
🔎 Aujourd'hui, tu vas apprendre à : Comprendre le fonctionnement du marché du travail, distinguer les formes de chômage et analyser les principales politiques de l'emploi.
Programme officiel : Thème — Les mutations du travail : le marché du travail, le chômage, les politiques de l'emploi (référentiel CEJM, 1re année)
🔁 Le marché du travail est marqué par des rigidités qui expliquent la persistance et la diversité du chômage (conjoncturel, structurel, frictionnel, saisonnier), auxquelles répondent des politiques de l'emploi actives et passives.
Étape 1
Découvrir la notion
Un secteur informatique peine à recruter des développeurs alors que le taux de chômage national reste élevé dans d'autres régions et d'autres métiers.
❓ Comment expliquer que le chômage et les difficultés de recrutement puissent coexister dans une même économie ?
Étape 2
Comprendre simplement
Le marché du travail met en relation une offre de travail (les personnes qui cherchent un emploi) et une demande de travail (les entreprises qui cherchent à embaucher). Le chômage apparaît quand l'offre de travail dépasse la demande, mais ses causes sont multiples : cela peut venir d'un déséquilibre global de l'économie, d'une inadéquation entre compétences disponibles et compétences recherchées, ou de rigidités du marché.
🧩 Analogie : C'est comme un jeu de puzzle où certaines pièces (compétences des chercheurs d'emploi) ne correspondent pas aux emplacements vides (postes à pourvoir), même s'il y a globalement assez de pièces.
| Type de chômage | Cause principale | Exemple |
|---|---|---|
| Conjoncturel | Ralentissement de l'activité économique | Récession réduisant les embauches |
| Structurel | Inadéquation durable entre offre et demande de travail | Manque de compétences numériques |
| Frictionnel | Délai normal entre deux emplois | Temps de recherche après une démission |
| Saisonnier | Variations liées aux saisons | Emplois du tourisme en hiver et en été |
Étape 3
Le cours
1. Le fonctionnement du marché du travail
Sur le marché du travail, l'offre vient des travailleurs (population active disponible) et la demande vient des entreprises ; le prix est le salaire. Dans l'analyse néoclassique, le salaire d'équilibre égalise offre et demande : tout chômage durable s'expliquerait par un salaire maintenu au-dessus de cet équilibre.
Cette lecture est incomplète. Le travail n'est pas une marchandise ordinaire : l'information est imparfaite (l'employeur ne connaît pas la productivité réelle du candidat), le marché est segmenté (par qualification, par territoire, par secteur) et les relations sont encadrées par le droit du travail et la négociation collective.
- Population active = actifs occupés + chômeurs (au sens du BIT : sans emploi, disponible, en recherche active)
- Taux de chômage = chômeurs / population active ; taux d'emploi = actifs occupés / population en âge de travailler
- Marché segmenté : marché primaire (emplois stables, qualifiés) et marché secondaire (emplois précaires, rotation forte)
📌 À citer en copie : La définition du chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) reprise par l'INSEE.
⚠️ Piège fréquent : Confondre inactif et chômeur : un étudiant ou un retraité n'est pas au chômage, il est inactif — l'erreur fausse tout calcul de taux.
2. Les formes et les causes du chômage
On distingue le chômage conjoncturel (lié au ralentissement de l'activité et à l'insuffisance de la demande), le chômage structurel (inadéquation durable entre les qualifications offertes et les emplois disponibles, rigidités du marché), le chômage frictionnel (temps normal de transition entre deux emplois) et le chômage technologique (destruction d'emplois par l'automatisation).
Les causes se combinent : une crise de demande peut devenir structurelle si les chômeurs perdent leurs compétences (effet d'hystérèse). Dans une copie, il faut toujours rattacher le type de chômage identifié aux indices du sujet : fermeture d'usine dans une région = chômage structurel local, baisse de carnet de commandes = conjoncturel.
- Chômage conjoncturel → réponse par la relance de la demande
- Chômage structurel → réponse par la formation, la mobilité, la baisse du coût du travail peu qualifié
- Sous-emploi et halo du chômage : temps partiel subi, découragement, formes qui masquent le chômage réel
📌 À citer en copie : L'analyse keynésienne du chômage par insuffisance de la demande effective (J. M. Keynes, 1936) opposée à l'analyse néoclassique par rigidité des salaires.
⚠️ Piège fréquent : Attribuer tout le chômage au coût du travail : le correcteur attend la distinction conjoncturel / structurel et la mobilisation d'au moins deux causes.
3. Le salaire, le coût du travail et la flexibilité
Le salaire est à la fois un coût pour l'entreprise et un revenu qui alimente la demande. Le coût du travail comprend le salaire net, les cotisations salariales et les cotisations patronales ; le SMIC fixe un plancher légal. Les politiques d'allègement de cotisations visent l'emploi peu qualifié, dont la demande est la plus sensible au coût.
La flexibilité prend plusieurs formes : quantitative externe (CDD, intérim, licenciements), quantitative interne (heures supplémentaires, modulation du temps), qualitative (polyvalence) et salariale (part variable). Elle améliore la réactivité de l'entreprise mais peut dégrader l'implication et la fidélisation : c'est le débat flexibilité / sécurité (flexisécurité).
- Salaire d'efficience : payer au-dessus du marché pour attirer, fidéliser et motiver (théorie du salaire d'efficience)
- Coût du travail ≠ productivité : ce qui compte est le coût unitaire du travail (coût rapporté à la production)
- Flexisécurité : sécuriser les parcours (formation, indemnisation) plutôt que les postes
📌 À citer en copie : La notion de coût unitaire du travail et le modèle de flexisécurité (référence aux pays nordiques).
⚠️ Piège fréquent : Écrire qu'une hausse de salaire nuit toujours à l'entreprise : elle peut réduire le turnover et augmenter la productivité (salaire d'efficience).
4. Les politiques de l'emploi
Les politiques actives cherchent à agir sur le fonctionnement du marché : formation professionnelle, apprentissage, accompagnement des demandeurs d'emploi, aides à l'embauche, allègements de cotisations. Les politiques passives visent à compenser la perte de revenu : assurance chômage, préretraites, activité partielle.
L'évaluation d'une politique de l'emploi mobilise trois critères : l'efficacité (l'emploi créé existe-t-il vraiment ?), le coût pour les finances publiques, et les effets pervers (effet d'aubaine quand l'entreprise aurait embauché de toute façon, effet de substitution entre catégories de salariés).
- Politiques actives : formation, apprentissage, aides ciblées, service public de l'emploi
- Politiques passives : indemnisation, activité partielle (dispositif massivement utilisé en période de crise)
- Effets pervers à citer : aubaine, substitution, trappes à bas salaires
📌 À citer en copie : La distinction politiques actives / passives de l'emploi et les effets d'aubaine et de substitution.
⚠️ Piège fréquent : Juger une politique de l'emploi sur le seul nombre d'emplois annoncés, sans discuter son coût ni les effets d'aubaine.
5. Les mutations du travail : numérique, compétences, sens
Le numérique transforme le contenu des emplois plus qu'il n'en détruit le nombre : les tâches routinières s'automatisent, la demande se déplace vers les compétences relationnelles, analytiques et numériques. Apparaissent de nouvelles formes d'activité (travail de plateforme, indépendants, télétravail) qui interrogent le partage entre salariat et indépendance.
Les entreprises font face à des tensions de recrutement dans de nombreux métiers, alors que le chômage persiste ailleurs : c'est la manifestation d'un chômage structurel d'inadéquation. La gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) et la formation continue deviennent des enjeux de compétitivité.
- Polarisation de l'emploi : croissance des emplois très qualifiés et des services peu qualifiés, érosion des emplois intermédiaires
- Télétravail : gains d'attractivité et d'organisation, risques d'isolement et de perte de cohésion
- Travail de plateforme : requalification possible en contrat de travail lorsque le lien de subordination est établi
📌 À citer en copie : La destruction créatrice appliquée à l'emploi (J. Schumpeter) et la GPEC comme outil d'anticipation des compétences.
⚠️ Piège fréquent : Affirmer que « le numérique détruit l'emploi » sans nuance : le référentiel attend la distinction entre destruction d'emplois existants et création de nouveaux métiers.
6. Méthode : traiter un sujet sur l'emploi
Le sujet type demande de qualifier une situation d'emploi puis de proposer une politique adaptée. La logique attendue est : diagnostic chiffré (taux, évolution) → qualification du type de chômage → politique cohérente avec ce diagnostic → limites de la politique proposée.
- Toujours exploiter les chiffres des annexes et en calculer l'évolution en points ou en pourcentage
- Nommer explicitement le type de chômage identifié
- Proposer une politique cohérente : formation pour le structurel, soutien de la demande pour le conjoncturel
- Terminer par une limite (coût, délai, effet d'aubaine)
📌 À citer en copie : Le raisonnement diagnostic → politique → limites, attendu dans l'épreuve E3 d'analyse de situation.
⚠️ Piège fréquent : Proposer une relance de la demande face à un chômage clairement structurel : l'incohérence diagnostic / remède est fortement sanctionnée.
Étape 4
Exemple concret — Pôle emploi (devenu France Travail)
L'opérateur public chargé de l'accompagnement des demandeurs d'emploi en France illustre une politique active de l'emploi : il propose formation, conseil et mise en relation avec les employeurs, en complément de l'indemnisation du chômage.
👉 Ce qu'il faut en retenir : Les politiques de l'emploi combinent souvent un volet actif (formation, accompagnement) et un volet passif (indemnisation) pour limiter à la fois la durée et les conséquences sociales du chômage.
Étape 5
Le schéma
Étape 5 bis
🎬 Le chapitre en vidéo
Parcours vidéo en 4 étapes : chaque étape a un objectif précis. Les vidéos embarquées se lisent ici ; les autres ouvrent une recherche déjà filtrée sur le chapitre.
- ▶1 · Découvrir en 3 minutesUne vidéo courte pour poser le vocabulaire avant de lire le cours.CEJM le marché du travail et l'emploi explication simple
- ▶2 · Le cours completLa leçon entière avec les mécanismes attendus au BTS.CEJM BTS le marché du travail et l'emploi cours complet
- ▶3 · Un exemple réelVoir la notion appliquée à un cas concret, utile pour illustrer une copie.chômage structurel exemple entreprise économie
- ▶4 · Méthode pour l'épreuveComment rédiger la réponse attendue le jour de l'épreuve E3.méthodologie CEJM marché du travail analyse de situation
Étape 6
🧠 L'essentiel
- Le marché du travail confronte une offre (actifs) et une demande (employeurs) de travail.
- Le salaire n'ajuste pas parfaitement l'offre et la demande à cause des rigidités.
- Le chômage peut être conjoncturel, structurel, frictionnel ou saisonnier.
- Les politiques actives (formation) et passives (indemnisation) coexistent.
- Les mutations numériques transforment les formes d'emploi.
Étape 7
📚 Les mots à connaître
- Population active
- Ensemble des personnes en emploi ou au chômage à la recherche d'un emploi.
- Exemple : Un salarié et un chômeur inscrit en font partie ; un retraité non.
- Taux de chômage
- Part des chômeurs dans la population active.
- Exemple : Un taux de 8 % signifie que 8 actifs sur 100 sont sans emploi.
- Chômage structurel
- Chômage durable dû à une inadéquation entre offre et demande de travail.
- Exemple : Manque de main-d'œuvre qualifiée dans le numérique.
- Politique active de l'emploi
- Action visant à favoriser directement le retour à l'emploi.
- Exemple : Formation professionnelle financée par l'État.
- Politique passive de l'emploi
- Action visant à protéger le revenu des chômeurs sans agir sur l'emploi lui-même.
- Exemple : Versement de l'allocation chômage.
Étape 8
Quiz interactif
1. Un chômage lié à une inadéquation durable entre les compétences disponibles et les besoins des entreprises est un chômage…
2. Le salaire minimum est un exemple de rigidité sur le marché du travail.
3. L'indemnisation du chômage relève d'une politique de l'emploi…
4. Le temps normal de transition entre deux emplois correspond à un chômage…
5. Le taux de chômage rapporte le nombre de chômeurs à la population … .
Étapes 9 et 10
Exercices et corrections
Niveau 1 🟢 Facile
Qualifier un type de chômage
Un employé de station de ski perd son emploi chaque printemps à la fermeture de la saison. De quel type de chômage s'agit-il ?
Méthode
- Identifier la cause
- Nommer le type de chômage
Niveau 2 🟠 Intermédiaire
Choisir une politique de l'emploi
Un secteur manque durablement de techniciens qualifiés alors que le taux de chômage global reste élevé chez les non-diplômés. Quelle politique de l'emploi privilégier et pourquoi ?
Méthode
- Diagnostiquer le type de chômage
- Proposer une politique adaptée
- Justifier le choix
Niveau 3 🔴 Examen
Sujet type BTS
Annexe : le taux de chômage national recule tandis que plusieurs secteurs (bâtiment, restauration, informatique) signalent des difficultés de recrutement persistantes. Analysez ce paradoxe apparent et proposez des politiques adaptées.
Méthode
- Expliquer pourquoi baisse du chômage et tensions de recrutement peuvent coexister
- Identifier les causes possibles
- Proposer des réponses de politique de l'emploi
Étape 11
📄 Fiche de synthèse
Mots-clés
Méthodes
- Toujours qualifier précisément le type de chômage avant de proposer une politique.
- Distinguer politiques agissant sur la demande de travail (activité économique) et sur l'offre de travail (coût, formation).
- Ne jamais confondre politique active (agit sur l'emploi) et politique passive (protège le revenu).
Erreurs à éviter
- Croire que baisse du chômage global signifie absence de tensions sectorielles.
- Assimiler systématiquement chômage et paresse : la majorité des situations relèvent de causes structurelles ou conjoncturelles.
- Oublier les rigidités du marché du travail qui l'empêchent de fonctionner comme un marché de biens classique.