Management · BTS 1re année · Chapitre 1

Entreprendre et diriger une entreprise

🔎 Aujourd'hui, tu vas apprendre à : Comprendre la logique entrepreneuriale, la logique managériale et les styles de direction.

Programme officiel : Thème — Entreprendre et diriger (référentiel CEJM, 1re année)

🔁 Prérequis : aucun. C'est le chapitre d'ouverture du management.

Étape 1

Découvrir la notion

Deux personnes lancent une marque de baskets recyclées. L'une prend tous les risques et cherche des idées nouvelles ; l'autre organise la production, recrute et gère le budget.

Font-elles le même métier ? Qu'est-ce qui les distingue ?

Étape 2

Comprendre simplement

Entreprendre, c'est repérer une opportunité, prendre un risque et créer de la valeur. Diriger (manager), c'est organiser des ressources existantes pour atteindre des objectifs. Les deux logiques sont complémentaires dans une même entreprise.

🧩 Analogie : L'entrepreneur dessine le plan d'une maison encore inexistante ; le manager conduit le chantier avec un budget, un planning et une équipe.

CritèreLogique entrepreneurialeLogique managériale
ObjectifInnover, saisir une opportunitéOptimiser l'existant
Rapport au risquePrise de risque assuméeRéduction du risque
HorizonLong terme, incertainCourt et moyen terme, mesurable
RessourcesÀ créer ou à trouverDéjà disponibles, à allouer

Étape 3

Le cours

1. La logique entrepreneuriale

Schumpeter décrit l'entrepreneur comme l'agent de la « destruction créatrice » : il innove, bouscule les positions acquises et crée de nouvelles activités en combinant des ressources de façon inédite. L'innovation n'est pas seulement technologique : elle peut porter sur le produit, le procédé de fabrication, l'organisation, la commercialisation ou l'approvisionnement.

L'entrepreneur détecte une opportunité que d'autres n'ont pas su voir ou exploiter, mobilise des ressources qu'il ne possède pas toujours au départ (financement, réseau, compétences) et accepte une incertitude radicale : contrairement au risque assurable, l'issue de l'aventure entrepreneuriale ne peut être calculée à l'avance.

Richard Cantillon, précurseur de la notion, définissait déjà l'entrepreneur comme celui qui achète à un prix certain pour revendre à un prix incertain : il supporte l'aléa que les autres acteurs refusent de porter.

📌 À citer en copie : Schumpeter (1883-1950) : la « destruction créatrice », moteur de l'innovation entrepreneuriale.

2. La logique managériale

Le manager, selon Peter Drucker, fixe des objectifs, organise le travail, motive et communique, mesure les résultats et forme les collaborateurs. Il ne crée pas l'activité : il la fait fonctionner durablement.

Il agit dans un cadre défini (budget, procédures, organigramme) et rend des comptes à sa hiérarchie ou aux actionnaires ; sa performance se mesure à l'efficacité (atteindre l'objectif fixé) et à l'efficience (l'atteindre au meilleur coût, avec le minimum de ressources).

Henri Fayol, dès le début du XXe siècle, avait déjà identifié les cinq fonctions du management : prévoir, organiser, commander, coordonner et contrôler (POCCC), une grille encore utile pour analyser l'activité d'un dirigeant.

⚠️ Piège fréquent : Ne pas confondre logique entrepreneuriale et logique managériale : une décision de routine (ajuster un planning) n'est jamais « entrepreneuriale », même si elle est prise par le fondateur de l'entreprise.

3. Les finalités de l'entreprise

Au-delà du profit, l'entreprise poursuit plusieurs finalités qui coexistent et doivent être arbitrées. La finalité est la raison d'être de long terme de l'organisation, à ne pas confondre avec un objectif, qui est précis, chiffré et daté.

Milton Friedman défend une conception restrictive : la seule responsabilité sociale de l'entreprise est d'accroître ses profits, dans le respect des règles du jeu. À l'inverse, l'approche par les parties prenantes (Freeman) élargit les finalités aux dimensions sociale et sociétale.

  • Finalité économique : pérennité, rentabilité, croissance
  • Finalité sociale : emploi, conditions de travail, développement des compétences
  • Finalité sociétale et environnementale : responsabilité sociétale (RSE)

4. Styles de direction

Rensis Likert distingue quatre styles de direction selon le degré de participation des salariés à la décision : autoritaire exploiteur (décision imposée, climat de méfiance), autoritaire paternaliste (le dirigeant décide mais se soucie du bien-être), consultatif (les avis sont recueillis avant la décision finale) et participatif (la décision est construite collectivement).

Le style le plus efficace n'est pas universel : il dépend de la taille de l'équipe, de l'urgence de la décision, de la culture de l'entreprise et de la maturité des collaborateurs. Un style participatif mal préparé peut ralentir une décision urgente ; un style autoritaire prolongé démotive et augmente le turnover.

📌 À citer en copie : Rensis Likert : quatre styles de direction, du plus autoritaire au plus participatif.

5. La gouvernance et les parties prenantes

La gouvernance d'entreprise désigne l'ensemble des règles et organes (conseil d'administration, assemblée générale, direction générale) qui organisent le pouvoir de décision et son contrôle.

Edward Freeman définit les parties prenantes (stakeholders) comme tout groupe ou individu qui peut affecter ou être affecté par la réalisation des objectifs de l'entreprise : actionnaires, salariés, clients, fournisseurs, État, riverains, ONG. La gouvernance doit arbitrer entre leurs attentes parfois contradictoires.

  • Parties prenantes internes : actionnaires, dirigeants, salariés
  • Parties prenantes externes : clients, fournisseurs, État, collectivités, société civile

⚠️ Piège fréquent : Erreur fréquente : limiter les parties prenantes aux seuls actionnaires et clients, en oubliant les salariés, l'État ou les riverains.

6. Entreprendre et manager : deux logiques complémentaires

Une même entreprise combine les deux logiques selon les moments de son histoire : la phase de création appelle une logique entrepreneuriale, la phase de développement une logique managériale de structuration. Beaucoup d'entreprises échouent en changeant d'échelle faute de basculer vers un management structuré.

L'intrapreneuriat tente de recréer, à l'intérieur d'une grande entreprise déjà managériale, les conditions de la prise de risque et de l'innovation entrepreneuriale, par exemple via des incubateurs internes.

Étape 4

Exemple concret — Apple

La création du premier iPhone relève de la logique entrepreneuriale : un pari risqué sur un marché qui n'existait pas encore. La gestion actuelle de la chaîne d'approvisionnement mondiale, elle, relève d'une logique managériale d'optimisation extrême des coûts et des délais.

👉 Ce qu'il faut en retenir : Une même entreprise combine les deux logiques selon les moments de son histoire.

Étape 5

Le schéma

1OPPORTUNITÉ détectée2PRISE DE RISQUE ➜ création d'entreprise3MOBILISATION des ressources (humaines,financières, techniques)4MANAGEMENT : organiser, décider, motiver,contrôler5FINALITÉS : économique, sociale, sociétale6PERFORMANCE évaluée par les parties prenantes

Étape 5 bis

🎬 Le chapitre en vidéo

Étape 6

🧠 L'essentiel

  • Entreprendre = innover et prendre des risques.
  • Manager = organiser des ressources pour atteindre des objectifs.
  • Les deux logiques sont complémentaires.
  • L'entreprise poursuit des finalités économiques, sociales et sociétales.
  • Le style de direction dépend du dirigeant, de l'équipe et du contexte.
  • La gouvernance arbitre entre les parties prenantes.

Étape 7

📚 Les mots à connaître

Opportunité
Un besoin non satisfait qu'une entreprise peut exploiter.
Exemple : Des consommateurs cherchant des baskets durables.
Efficacité / efficience
Atteindre l'objectif / l'atteindre au meilleur coût.
Exemple : Livrer à l'heure (efficacité) sans surcoût (efficience).
Partie prenante
Tout acteur concerné par l'activité de l'entreprise.
Exemple : Salariés, clients, fournisseurs, riverains.
RSE
Responsabilité sociétale des entreprises : intégrer les enjeux sociaux et environnementaux.
Exemple : Réduire les emballages plastiques.

Étape 8

Quiz interactif

1. Quelle affirmation caractérise la logique entrepreneuriale ?

2. L'efficience consiste à atteindre l'objectif au meilleur coût.

3. Qui a théorisé la « destruction créatrice » ?

4. Un style de direction dans lequel le dirigeant associe l'équipe aux décisions est dit … .

Étapes 9 et 10

Exercices et corrections

Niveau 1 🟢 Facile

Distinguer les deux logiques

Classez : (a) lancer une gamme inédite sur un marché naissant, (b) réduire de 8 % les coûts logistiques, (c) recruter un chef d'atelier, (d) racheter un brevet risqué.

Méthode

  • Chercher s'il y a création et risque
  • Ou optimisation de l'existant

Niveau 2 🟠 Intermédiaire

Analyser un style de direction

Un dirigeant décide seul, communique peu et contrôle étroitement. Le turnover atteint 25 %. Analysez et proposez une évolution.

Méthode

  • Identifier le style
  • Relier aux effets observés
  • Proposer une évolution justifiée

Niveau 3 🔴 Examen

Sujet type BTS

L'entreprise VERTO, fondée par un ingénieur, atteint 90 salariés. Le fondateur continue de tout décider. La croissance ralentit et les cadres partent. Analysez la situation managériale et formulez des préconisations.

Méthode

  • Analyser le contexte
  • Identifier le problème de management
  • Mobiliser les notions
  • Préconiser et justifier

Étape 11

📄 Fiche de synthèse

Mots-clés

Logique entrepreneurialeLogique managérialeSchumpeterDruckerLikertFinalitésParties prenantes

Méthodes

  • Toujours relier la notion aux faits de l'annexe.
  • Structurer : constat ➜ analyse ➜ préconisation.
  • Justifier chaque préconisation par un effet attendu.

Erreurs à éviter

  • Réciter les auteurs sans les appliquer au cas.
  • Confondre finalité et objectif.
  • Proposer des préconisations sans justification.